
Rayonnement
Dans cette pièce en fil de fer, j'ai voulu mêler deux univers qui m'habitent depuis longtemps : la structure concentrique d'une toile d'araignée et l'élan organique du branchage. J'ai tissé patiemment chaque rayon, comme on suit le rythme d'une respiration, jusqu'à ce que le centre devienne un noyau vibrant, presque vivant. Autour, les fils se fissurent, se courbent, se ramifient — comme si la nature venait bousculer l'ordre initial, reprendre sa place. Je travaille le fil de fer comme un trait de dessin dans l'espace : souple, nerveux, libre. Ici, il devient à la fois toile et racine, fracture et expansion. Et puis, j'ai glissé une petite présence rouge : une silhouette minuscule accrochée au réseau, hésitant entre la chute et l'ascension. Ce petit être, c'est l'humain face à la nature — fragile, mais obstiné. Cette œuvre se situe quelque part entre la tension et l'apaisement, entre la rigueur de la géométrie et la poésie sauvage du vivant. C'est un instant suspendu, où tout semble à la fois se construire et se défaire.
