Racines d’air

Fils de fer

J’ai façonné cet arbre en fils de fer, ligne après ligne, comme on dessine une pensée qui pousse. Le tronc s’élève au centre, sobre et tendu, tandis que les branches se déploient vers le haut, fines, nerveuses, parfois teintées de rouge, comme une sève discrète. Sous la surface, les racines s’étendent largement, enchevêtrées, presque fragiles, mais profondément ancrées. Le fil de fer me permet cette écriture essentielle : il résiste sous les doigts, puis cède, accepte la courbe, l’accident, le souffle. Avec lui, je parle de la nature telle que je la ressens : forte dans sa structure, vulnérable dans ses extrémités. Les racines et les branches se répondent, se ressemblent, comme si l’arbre hésitait entre ciel et terre. Dans cette œuvre, je cherche l’équilibre. Celui des origines et de l’élan, de ce qui se cache et de ce qui se montre. Le métal devient vivant, presque organique, et raconte les liens invisibles qui nous relient au sol, au temps, et à ce qui grandit lentement en nous.