La main qui veille

Fils de ferSculptures

J’ai fait surgir cette main en bronze comme un point d’ancrage, un geste ancien, chargé de mémoire. Le bronze garde la trace du feu, du poids, du temps qui sédimente. Il tient, il résiste. Autour, j’ai dessiné des branchages en fil de fer. Je les ai tordus à la main, lentement, comme on suit le chemin d’une racine ou d’une branche battue par le vent. Le fil de fer me permet cette écriture fragile : il est dur et pourtant souple, industriel et pourtant vivant. Il devient arbre, réseau, souffle. Sur ces branchages, j’ai suspendu des fragments clairs, presque translucides, comme des feuilles sèches ou des éclats de peau minérale. Ils captent la lumière, vibrent au moindre mouvement, et contrastent avec la densité sombre du bronze. Dans cette œuvre, la main ne saisit pas. Elle accompagne. Elle soutient une croissance aérienne, instable, faite de fils, de vides et de lumière. C’est ma façon de parler du lien entre l’humain et la nature : une force enracinée, entourée de fragilité, toujours